Deir El-Balah, 18 octobre 2025. Un enfant passe devant des tombes dans un cimetière où des familles déplacées ont trouvé refuge
MAJDI FATHI / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Mercredi 17 décembre 2025.
Cela fait plus de deux semaines que je n’ai pas donné de nouvelles. La dernière période a été difficile pour ma famille et moi, et surtout pour mon épouse Sabah.
Sabah a perdu son frère, Mohamed. Il avait 26 ans. Il était marié, père d’un enfant, et sa femme en attend un deuxième, dans six mois. Le 22 novembre, les Israéliens ont violé une nouvelle fois le cessez-le-feu. Plusieurs leaders du Hamas ont été assassinés dans un bombardement. Mohamed faisait partie des victimes « collatérales ». Comme toute la famille de Sabah, lui et son épouse avaient dû quitter leur maison du quartier de Shajaya, qui se trouve maintenant dans la « zone jaune », interdite aux Palestiniens, et qui s’étend sur plus de la moitié de la bande de Gaza. La mère et les frères de Mohamed vivent toujours sous une tente. Mais lui et sa femme avaient trouvé un petit appartement dans le centre de Gaza-ville. Ce jour-là, Mohamed était parti rendre visite à des amis vers le rond-point de Shajaya. Un immeuble a été bombardé au moment où il passait devant.
Mohamed a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il est resté une semaine dans le coma, avant de partir reposer en paix. Sabah a perdu de nombreux membres de sa famille dans cette guerre, dont son père, qui n’a pas été tué directement mais qui est mort de tristesse, ne supportant plus cette vie d’humiliation. Des oncles et plusieurs de ses cousins ont été tués. Mais là, pour la première fois, je l’ai vue craquer. Pourtant, Sabah est une femme forte. Nous avons vécu ensemble des moments très difficiles. Plus d’une fois, nous avons cru que notre mort était imminente, quand nous avons été encerclés par les chars israéliens, ou quand, au début de la guerre, en…
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