Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l’armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025.
Khan Younès, le 7 février 2026. Un garçon palestinien tient une casserole dans une cuisine communautaire.
BASHAR TALEB / AFP
Vendredi 13 février 2026.
Récemment, j’ai reçu beaucoup d’appels téléphoniques d’amis de France ou d’ailleurs, qui me congratulent pour le cessez-le-feu et le retour de la prospérité à Gaza. Ils me parlent de ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux : des malls ouverts, de la nourriture pour tout le monde… Malheureusement, tout cela n’est qu’une façade. Il est vrai que quelques restaurants ont rouvert. Des épiceries aussi. Ici, on les appelle des « malls » [centres commerciaux] dès qu’elles dépassent les 500 mètres carrés. On y trouve en effet beaucoup de choses, en majorité des produits israéliens. Car Israël a permis au secteur privé palestinien d’importer massivement. Mais pas tout, loin de là. On trouve du chocolat, du Nutella et du ketchup. Je peux offrir du chocolat à Walid. Mais pas d’antibiotiques. Pas même un comprimé d’aspirine.
C’est ce que cherchent les Israéliens : faire croire qu’à Gaza maintenant, c’est le paradis. Mais c’est du trompe-l’œil. C’est comme construire un gratte-ciel au milieu des ruines. Ces produits, seuls 1 % des Gazaouis peuvent les acheter : ceux qui ont encore de l’argent de côté… et les profiteurs de guerre.
Seulement quelques vitrines éclairées dans…
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