Lisbonne, 19 mai 2026. Rami Abou Jamous recevant, en visio, le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe. L’organisation n’ayant pu garantir à Rami son retour à Gaza après la cérémonie, c’est
Sarra Grira
, rédactrice en chef d’Orient XXI, qui l’a représenté à Lisbonne.
Monsieur le Président de la République portugaise,
Monsieur le Président de l’Assembleia da República — cette Maison de la démocratie,
Monsieur le Secrétaire d’État des affaires européennes
Monsieur le Vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe,
Monsieur le Directeur de la coordination des programmes du Conseil de l’Europe,
Madame la Présidente par intérim du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions,
Excellences,
Chers collègues, chers amis,
C’est avec une profonde émotion et une immense humilité que je m’adresse à vous aujourd’hui. Je vous parle depuis Gaza. Depuis cette terre que le monde regarde mourir en direct. Depuis cette prison à ciel ouvert où l’on vit un Gazacide.
Oui, je dis bien un Gazacide.
Un génocide, c’est tuer un peuple. Mais ce que nous vivons, ce n’est pas seulement tuer un peuple. C’est tuer l’histoire. C’est tuer la terre. C’est tuer l’éducation, la santé, l’archéologie, le passé, même l’avenir — et surtout, c’est tuer l’humanité des Palestiniens.
J’aurais sincèrement aimé être parmi vous, physiquement, à Lisbonne. Dans cette Maison de la démocratie. Mais l’occupation en a décidé autrement. Sortir de Gaza et y revenir est devenu presque impossible. Chaque départ, chaque retour, dépend d’autorisations extrêmement limitées accordées par l’armée d’occupation. Sortir de Gaza ? C’est devenu un privilège réservé aux mourants. Quelques dizaines de blessés par jour obtiennent une autorisation — tandis que plus de vingt mille patients attendent, condamnés à une lente agonie, faute de…
Auteur:

