Samedi, c’était le deuxième échange de prisonniers entre Israël et le Hamas : 200 Palestiniens contre quatre soldates israéliennes, des militaires affectées à la surveillance de la bande de Gaza, capturées le 7 octobre 2023. Les brigades Ezzedine El-Qassam ont remis les soldates à un représentant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au cours d’un show spectaculaire. Cette mise en scène était principalement destinée à faire passer plusieurs messages au pouvoir et au public israéliens. Il y a eu d’abord la vidéo tournée juste avant la cérémonie, où on voyait les prisonnières remercier, en arabe, les brigades Al-Qassam pour les avoir protégées des bombardements de leur propre armée ; manière d’affirmer que les Israéliens ne se soucient pas de la vie de leurs ressortissants. Certes, on connaît les limites de la crédibilité de déclarations faites par des prisonniers sous contrainte. Toujours est-il que les images montraient des militaires vivantes, et apparemment en bonne santé. Ensuite, le choix de faire ça sur la place de la Palestine, au centre de la ville de Gaza, est symbolique ne serait-ce que par le nom du lieu. Le Hamas y avait installé une large estrade, avec des logos des brigades Al-Qassam et des slogans en hébreu, qui disaient par exemple que le sionisme n’allait pas gagner, agrémentés de portraits des chefs militaires israéliens.
La place était sécurisée par des haies compactes de combattants des brigades, le visage dissimulé sous une cagoule noire et le front ceint d’un bandeau vert. Le Hamas montrait ainsi qu’il entendait garder le pouvoir à Gaza. Montées sur scène, les soldates israéliennes ont été encadrées par ces combattants, armés chacun d’un Tavor, le modèle le plus récent de fusil d’assaut israélien, équipant les troupes d’élite, et probablement saisis lors de l’attaque des postes militaires le 7 octobre 2023.
Le Hamas revendique la victoire
Le message,…
Auteur: Rami ABOU JAMOUS

