Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Ce fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l’armée israélienne. Réfugiée depuis à Rafah, la famille a dû ensuite se déplacer vers Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat, coincés comme tant de familles dans cette enclave miséreuse et surpeuplée. Un mois et demi après l’annonce du cessez-le-feu, Rami est enfin de retour chez lui avec sa femme, Walid et le nouveau-né Ramzi. Pour ce journal de bord, Rami a reçu le prix de la presse écrite et le prix Ouest-France au Prix Bayeux pour les correspondants de guerre. Cet espace lui est dédié depuis le 28 février 2024.
Terminal de Zikim, à l’ouest de Beit Lahia, dans le nord du territoire palestinien assiégé, le 25 juin 2025. Des volontaires issus de familles palestiniennes organisées en comités de prévention des vols surveillent des camions transportant de l’aide qui sont entrés dans la bande de Gaza.
Bashar TALEB / AFP
Dimanche 30 juin
Pour comprendre le chaos qui est en train de s’instaurer à Gaza, je vais prendre exemple sur une séquence d’événements parmi d’autres, celle qui s’est déroulée mercredi 25 et jeudi 26 juin. Quarante-huit heures de chaos ordinaire dans la bande de Gaza.
Tout commence bien, pourtant. Mercredi, des grandes familles, des clans de la bande de Gaza prennent l’initiative de protéger un des rares convois d’aide humanitaire à destination des ONG internationales, pour éviter que les camions ne soient dévalisés par des habitants affamés. Le convoi entre par le terminal de Zikim, au nord. Presque tous atteignent les entrepôts de plusieurs ONG locales, qui stockent la nourriture. Le lendemain, jeudi, les ONG internationales envoient des SMS aux familles qui sont sur leurs…
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