Comme vous le savez, je n’ai pas Internet à la « Villa ». Je pouvais avoir une petite connexion dans la rue, mais depuis que tout le monde est parti, je dois attendre d’être au bureau, à la Maison de la presse, pour avoir les nouvelles. Avant, j’en avais aussi par les passagers de la bétaillère, qui nous sert de moyen de transport. Mais depuis le cessez-le-feu et le retour au nord de la quasi-totalité des déplacés, il n’y a pratiquement plus de charrettes. Ce mercredi matin, j’ai fait le trajet à pied.
J’ai dû attendre d’être arrivé au bureau pour apprendre l’info de la nuit : « Rami, tu as entendu les déclarations de Trump ? » J’étais choqué, mais pas étonné de cette sortie de la part d’un homme qui ne voit le monde qu’à travers des occasions de faire des affaires. Il ne voit pas les êtres humains qui sont devant lui. C’est l’homme le plus fort du monde, celui qui a la main sur le bouton qui peut détruire le monde entier. L’homme qui se permet de dire qu’il veut annexer le Canada et le Groenland, affronter la Chine et le Mexique, et plus encore. Je n’étais donc pas étonné de l’entendre affirmer que Gaza passerait sous la tutelle des États-Unis, ou même lui « appartiendrait » pour en faire « la Côte d’Azur du Proche-Orient ». Apparemment, quand on habite dans une grande tour, on ne voit pas comment les gens vivent en bas. Trump vit dans sa bulle d’homme d’affaires, entouré de milliardaires, comme Elon Musk. Il ne peut pas comprendre ce que signifie être occupé, résister contre l’occupation, et vouloir rester chez soi.
« Ses euphémismes ne trompent personne »
Ce qui est curieux, c’est que Trump veut construire chez lui le plus grand mur du monde pour stopper l’immigration, et demande en même temps aux Palestiniens d’émigrer. Il ne comprend pas que, malgré ces quinze mois pendant lesquels nous avons vécu sous les bombes et subi des massacres, des boucheries,…
Auteur: Rami ABOU JAMOUS

