Journal de bord de Mayotte : deux mois après Chido, la détresse des migrants comoriens stigmatisés par la classe politique

Deux mois après le passage du cyclone Chido, Fahad Idaroussi Tsimanda, géographe spécialiste des quartiers « informels » de Mayotte est retourné à Kawéni, dans le plus grand bidonville de France, en partie reconstruit. Il raconte la détresse d’habitants qui ont tout perdu et que la classe politique française pointe du doigt.

Son journal de bord nous livre, heure par heure, un récit de la catastrophe. Troisième partie.


Presque deux mois après le passage du cyclone Chido, je me rends au nord du bidonville de Kawéni (Bandrajou). À l’entrée de ce bidonville, non loin du lycée des Lumières, plusieurs amas de déchets et d’encombrants (tôles, bois, ordures ménagères, etc.) jonchent encore le sol. J’entends encore le bruit des tôles cognées avec un marteau. Pour certains, c’est une partie de la toiture qui n’a pas encore été terminée. D’autres cherchent encore désespérément des tôles pour avoir un toit et se mettre à l’abri avec leur famille.



Je demande à certaines personnes pourquoi elles n’ont pas encore fini de reconstruire. On me répond :

« On manque de tôles. Celles que nous avons pu récupérer ne suffisent pas pour la reconstruction. Celles qui sont encore là ne sont plus réutilisables, car elles ont été froissées par le vent. »

Certains habitants dénoncent les vols, ou les vendeurs de tôles qui profitent de cette crise pour augmenter leurs prix.

« Avant, les tôles de deux mètres se vendaient à 11 ou 12 euros, mais maintenant, elles sont passées à 23 euros. »

Toutefois, la quasi-totalité des habitations précaires, informelles et illégales, a été reconstruite à l’identique, sans aucune intervention des autorités locales. Le gouvernement français avait pourtant exprimé sa volonté d’interdire et d’empêcher la reconstruction des bidonvilles de Mayotte. Comme l’a dit le premier ministre François Bayrou :

« L’État et les pouvoirs…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Fahad Idaroussi Tsimanda, Géographe, chercheur associé au LAGAM, Université de Montpellier, Université de Montpellier

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com