**Alors que la gravité du cyclone Chido était annoncée, les Mahorais se sont mal préparés au choc. Pris dans cette tragédie, Fahad Idaroussi Tsimanda, géographe, spécialiste des risques naturels, tente de comprendre les mentalités et les défaillances de l’État.
Son journal de bord nous livre, heure par heure, un récit de la catastrophe. Première partie.
Jeudi 12 décembre. Depuis cinq jours, plusieurs informations au sujet du cyclone circulent sur les réseaux sociaux. Les prévisions annoncent le passage de « Chido » au-dessus de l’île de Mayotte et, plus les heures avancent, plus la gravité de son intensité se précise, suscitant les craintes de dégâts humains et matériels considérables. La préfecture et le président du conseil départemental prennent la parole devant les médias pour informer la population de la dangerosité du phénomène. Ils appellent les habitants à être prudents, à renforcer les toitures de leurs maisons, à mettre leurs animaux à l’abri, à éviter de prendre des risques inutiles et à faire des provisions – vivres, eau, bougies…
En tant que professeur de géographie, je reçois alors un message du rectorat de Mayotte, m’informant que nous ne travaillerons pas samedi dans les lycées et établissements scolaires, en raison de la menace.
Professeur de géographie, spécialiste des risques naturels, je sais l’impact que Chido pourrait avoir sur l’île. Le cyclone menace les infrastructures, mais aussi, et surtout, les vies humaines. Les habitants des quartiers précaires, souvent établis sur des pentes instables ou des zones inondables, sont particulièrement exposés.
Vendredi 13 décembre. Je débute la journée en allant chercher de la paille à Maevarano, sur les hauteurs ouest d’Acoua, le village où je vis, niché dans un cirque volcanique au nord-ouest de Mayotte. Je passe les cinq heures suivantes à la campagne afin d’assurer la sécurité et l’approvisionnement…
Auteur: Fahad Idaroussi Tsimanda, Géographe, chercheur associé au LAGAM, Université de Montpellier, Université de Montpellier

