Journalistes intimidés à BASF : pourquoi nous continuerons de couvrir les luttes

Jusqu’où aller pour informer ? Faut-il franchir les barrières d’une usine qui produit des pesticides ? Accompagner les militantes et militants qui traquent la fabrication de substances interdites en Europe ? Chez Reporterre, nous sommes souvent confrontés à cette question. Depuis des années, nous suivons les actions de désobéissance civile. C’est ainsi que lundi 17 novembre, notre journaliste Léa Guedj et notre photographe Pierre-Yves Lerayer se sont rendus sur le terrain pour raconter l’action d’écologistes contre une usine normande du géant agrochimique BASF.

Sur place, ils ont été violentés par les forces de police, qui les ont gazés à bout portant. Ils ont été violemment agrippés à plusieurs reprises. Le téléphone portable de Léa Guedj lui a été confisqué durant de longues minutes. Ils avaient pourtant décliné leur identité de journalistes. « Y’a pas de presse ici », leur a rétorqué un policier. « Allez, casse-toi », leur répond un autre dans des vidéos que nous avons consultées.

« Si vous sortez pas, c’est que vous êtes une manifestante »

D’autres journalistes présents sur le site ont également été intimidés. « Ils m’ont demandé de sortir car on était sur un site privé. J’ai temporisé, un peu trop longuement à leur goût. Ils m’ont alors dit « si vous sortez pas, c’est que vous êtes une manifestante » », raconte à Reporterre Pauline Moullot, journaliste à Libération présente lors de l’action.

Cette attitude belliqueuse envers la presse est-elle légale ? La propriété privée l’emporterait-elle sur le droit à être informé ? En juin 2020 déjà, notre journaliste Alexandre-Reza avait suivi les activistes d’Extinction Rebellion sur les pistes de l’aéroport d’Orly. Il avait été arrêté, emmené en garde à vue pendant dix heures, puis condamné à une amende de 750 euros, sous prétexte de « manquement à la sûreté…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Laury-Anne Cholez

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