« Par l’ampleur des droits qu’il abroge, la diversité des questions qu’il aborde et la gravité des reculs qu’il engendre, ce projet de loi n’est comparable qu’à la réforme du travail mise en œuvre sous la dictature civilo-militaire de 1976 », s’indigne la centrale syndicale argentine CTA-A, dans un communiqué de presse publié fin janvier.
Elle n’est pas la seule à alerter. Pour la Confédération syndicale internationale, à laquelle sont affiliés les principaux syndicats argentins (CGT, CTA-T, CTA-A), cette réforme « viserait à supprimer des protections constitutionnelles des travailleurs, à affaiblir les syndicats et à porter gravement atteinte aux droits fondamentaux du travail ».
La volonté de réformer le marché du travail au bénéfice des entreprises fait partie des obsessions de Javier Milei depuis son arrivée au pouvoir, en décembre 2023. Trois semaines après sa prise de fonction, alors que le nouveau président d’extrême droite multipliait les annonces de réforme impliquant des coupes budgétaires et visant le droit de manifestation ou ceux du travail, il fanfaronnait sur Twitter : « L’Argentine est un autre pays. Le capitalisme triomphe. »
Pourtant, plusieurs de ses projets de loi ou de ses décrets ont été amoindris dans leur portée, soit par les tribunaux, soit par les tractations politiques rendues obligatoires par le rapport de force au Sénat comme à la chambre des députés, le parti de Milei, La Libertad Avanza, n’y ayant pas la majorité.
Mais, fort de la progression électorale de sa formation politique lors des élections législatives de mi-mandat en octobre 2025, Javier Milei remet le couvert. Cette fois-ci, avec un projet de loi dit de « modernisation du…
Auteur: Stéphane Ortega

