Longtemps présenté comme l’intellectuel radical des Gilets Jaunes, auteur de Crépuscule et contempteur des élites, Juan Branco apparaît aujourd’hui sous un jour différent. Depuis l’affaire Quentin Deranque, il multiplie les prises de position qui l’alignent, de fait, avec certains narratifs de l’extrême droite. Il s’en prend aux antifascistes, cible LFI, parle de “stratégie victimaire”, et conteste la qualification néonazie de Deranque malgré des éléments accablants.
Ce repositionnement interroge d’autant plus que Branco cultive l’image du transfuge social. Or son parcours raconte autre chose : fils de producteur et de psychanalyste, formé dans les établissements les plus prestigieux, il reste un héritier des élites qu’il dit combattre. Au fond, Juan Branco ne semble pas vouloir abolir l’ordre établi, mais s’y hisser. Davantage entrepreneur politique que révolutionnaire, il transforme la contestation en levier pour sa propre ascension.
Auteur: Le Média

