Aujourd’hui, à Rome, nous participons à un pèlerinage jubilaire aux côtés de baptisés que nous connaissions encore peu il y a quelques années. Ils appartiennent à des mouvements chrétiens français : Devenir un en Christ (Duec), D&J Arc-en-ciel, Reconnaissance. Nous marchons ensemble, accompagnés par d’autres pèlerins et mouvements issus de 25 pays. Nous puisons tous à la même source et cherchons à unifier nos vies en faisant confiance au Christ.
C’est une grande joie de voir se concrétiser avec eux l’appel que lançait le pape François quand s’annonçait le Jubilé : « L’Église est pour tous, vraiment pour tous. » Une joie à la mesure de la tristesse que peut nous inspirer le discours du magistère concernant nos enfants homosexuels. Des enfants que nous avons pourtant fait baptiser, que nous avons élevés dans la foi catholique et dont les valeurs et les aspirations ne sont guère différentes de celles du reste de leurs fratries. C’est dire combien, pour nous, ce pèlerinage n’est pas anodin. C’est en effet la première fois que l’institution, grâce à l’engagement d’une association italienne, accepte d’aller à la rencontre de baptisés dits « LGBTQIA + » et de leurs familles.
Certains évoqueront – ou évoquent déjà – une Église qui renie ses valeurs, qui se soumet au diktat de sociétés occidentales permissives ou d’un lobby gay. Le débat n’est pas nouveau : au refus d’intégration d’une communauté vivant selon des pratiques et des codes différents, il oppose la volonté d’une Église ouverte à tous les baptisés.
Une chance pour l’Église
Pierre en son temps, en Actes 10,9-16, avait tranché la question. Il reçoit une vision qu’il interprète comme une instruction à ne pas considérer comme impur tout ce que Dieu a purifié. Le lointain prédécesseur de François a ainsi été le premier, à la suite de cette vision, à proclamer la…
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