Julien Bayou a quitté EELV, a perdu toute fonction politique et élective et a vu son nom associé à de graves faits sexistes. Les Écologistes avaient confié à un cabinet spécialiste des violences faites aux femmes le soin de mener une enquête interne, close en octobre dernier sans qu’aucun délit ou manquement aux textes internes n’aient pu être trouvés. Le parti, dont Julien Bayou était le secrétaire national, est mis en cause dans cette gestion.
Quelle réponse la société doit-elle apporter dès lors que l’on parle de ‘comportement inadapté’, de ‘relation toxique’… ?
Le communiqué des Écologistes qui a suivi cette décision de justice a été, à raison, largement critiqué. Une sorte de en même temps qui n’est pas à la hauteur de ce que révèle cette affaire. Parce que cette affaire provoque de très nombreuses réflexions. La première porte sur la justice, non comme valeur, mais comme institution. Elle est souvent débattue comme unique issue parmi les militants engagés pour la cause des femmes. Cette institution doit devenir un recours accessible et efficace pour toutes les personnes victimes de violences sexuelles.
La formation des policiers et des magistrats en est une condition. Les moyens aussi. Aujourd’hui, ils n’y sont pas. La justice doit fonctionner selon des lois et des principes. Le slogan bienveillant qui a permis la parole et l’écoute, « Je te crois », relève d’une exigence vis-à-vis de la société. Celui qui existe aussi, et qui est même répandu, « Je ne te crois pas », doit lui aussi être combattu. Les deux ne peuvent être la base d’un jugement. Par ailleurs, la justice croit en l’amendement. Les peines ne peuvent être fermes et définitives.
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Auteur: Pierre Jacquemain

