Jupiter, la plus grande planète du système solaire, nous dévoile ses tourbillons de couleur et une invitée surprise, dans cette image prise par la sonde Juno lors de sa quarantième révolution autour de la planète. Cette invitée est la lune Ganymède, une fois et demie la taille de notre Lune, qui projette son ombre sur les nuages joviens.
Jupiter et Ganymède sont au centre de l’attention puisqu’une nouvelle sonde spatiale, JUICE (JUpiter ICy moons Explorer), doit prendre son envol ce mois-ci, pour aller percer leurs mystères.
Les nuages tourbillonnants de Jupiter
Cette magnifique image a été prise alors que la sonde Juno était proche de Jupiter, à seulement 71 000 kilomètres du sommet des nuages de la planète, soit quinze fois plus près que Ganymède. Du coup, on ne voit qu’une partie de la planète et l’ombre de la lune la fait paraître beaucoup plus grande qu’elle ne l’est en réalité. Jupiter, avec un diamètre de 142 000 kilomètres, est onze fois plus grande que notre Terre. Ganymède, avec ses 5 300 kilomètres de diamètre, est beaucoup plus petite !
Jupiter est une planète géante : sa masse énorme provient de l’accumulation de l’hydrogène et de l’hélium – deux gaz très légers qui sont les éléments les plus abondants dans l’Univers – lors de la formation du système solaire. Elle a ainsi une composition qui est voisine de celle du Soleil. Contrairement à notre Terre, elle n’a pas de surface, ce qui veut dire qu’au fur et à mesure que l’on s’enfonce, l’atmosphère devient de plus en plus dense et de plus en plus chaude.
Les nuages que l’on voit sur l’image proviennent de la haute atmosphère, où la température est encore très basse, de l’ordre de -120 °C à -60 °C. À ces températures, ce sont l’ammoniac (NH3) et l’hydrosulfure d’ammonium (NH4SH) qui condensent. Les nuages que l’on voit doivent être composés, en partie au moins, de ces éléments.
Les bandes qui traversent la planète ne tournent pas à la même vitesse que leurs voisines, ce qui se traduit par des vents pouvant atteindre plus de 300 kilomètres par heure ! Ces vents, liés à la rotation rapide de Jupiter sur elle-même en moins de dix heures (contre 24 pour la Terre), génèrent des tourbillons qui parsèment l’atmosphère visible de la planète. Ce sont des cyclones et des anticyclones.
Mais jusqu’à quelle profondeur s’étendent ces vents et ces tourbillons ?…
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Auteur: Tristan Guillot, Directeur de recherche CNRS, Observatoire de la Côte d’Azur, Université Côte d’Azur

