« Le blocus est une guerre. Pas une guerre conventionnelle, mais une guerre lente qui tue à petit feu, par manque de médicaments, par pénurie, par désespoir. »
C’est une question qui brûle les lèvres de quiconque a encore un brin de conscience historique : jusqu’à quand les États-Unis maintiendront-ils des mesures qui asphyxient méthodiquement le peuple cubain ? Le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis plus de six décennies, et que Washington, dans un euphémisme digne des plus grandes manipulations linguistiques, persiste à appeler « embargo », constitue sans l’ombre d’un doute le système de sanctions le plus long, le plus complet et le plus cruel jamais infligé à une nation souveraine dans l’histoire moderne.
Mais posons d’emblée les choses avec la clarté qu’elles méritent : ce blocus est un acte de guerre. Pas une guerre « conventionnelle », avec des chars et des bombardements que les caméras du monde entier pourraient filmer, mais une guerre lente, sournoise, qui tue à petit feu, par manque de médicaments, par pénurie de nourriture, par impossibilité d’accéder aux technologies les plus élémentaires. Une guerre qui, selon les estimations les plus prudentes, a coûté à l’île plus de 200 milliards de dollars depuis son instauration, et dont le coût humain se chiffre en vies brisées, en espoirs étouffés, en rêves de jeunes Cubains contraints à l’exil parce que leur pays étouffe sous le carcan.
I. De quel droit, au juste ?
Voilà le cœur du scandale. De quel droit la souveraineté de Cuba est-elle ainsi piétinée par des décisions unilatérales, prises dans les bureaux climatisés du Capitole ou de la Maison-Blanche, sans aucune légitimité internationale ? De quel droit une puissance étrangère, fût-elle la première du monde, s’arroge-t-elle le pouvoir de dicter à une nation indépendante comment elle doit organiser sa vie politique, économique et…
Auteur: Mustapha STAMBOULI

