C’est l’histoire d’un homme qui ne fait que chuter depuis trois ans. Un homme dont la cote de popularité n’a jamais été aussi basse depuis huit ans. Un chef de l’État qui, élection après élection, se prend raclée sur raclée. Un président de la République qui voit ses premiers ministres être censurés un par un. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien…
Même après la débâcle du gouvernement de François Bayrou. On prend les mêmes et on recommence. Sébastien Lecornu. Les mêmes éléments de langage (EDL) recyclés : un fin négociateur qui sait parler avec tout le monde. Un homme qui saura faire des compromis. Jongler entre les envies de Bruno Retailleau et d’Olivier Faure. Et même avec celles de Marine Le Pen, avec qui le nouveau premier ministre n’hésite pas à dîner secrètement. Jusqu’ici, tout va bien.
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Prendre son temps. Près d’un mois va séparer la nomination de l’homme de 39 ans, fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, de son discours de politique générale, d’abord annoncé le 2 octobre puis reporté au 6 ou 7 octobre. Les EDL sont déjà prêts : c’est le temps de la négociation. De trouver le moyen de la « rupture ».
Plus tard arriveront les choix, plus il sera facile de mobiliser l’urgence de doter le pays d’un budget pour 2026.
Pour l’instant, ce temps se résume à un long monologue des personnes reçues à Matignon. Sophie Binet, Olivier Faure, Marine Tondelier : tous ressortent en ayant exposé leurs demandes. Lecornu, lui, ne bronche pas. Il écoute, laisse passer les jours. Finalement, la seule rupture se fait dans le silence. Lecornu sait aussi que le…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

