Quand les magistrats estiment que soutenir la Palestine est une «apologie du terrorisme» ou que défendre le vivant est de l’écoterrorisme, mais que faire l’apologie du Ku Klux Klan n’est pas violent et mérite une relaxe
Les «juges rouges» qui hantent les rêves de Pascal Praud et autres éditorialistes nostalgiques de Pétain ne sont que des fantasmes. Par contre, les juges bruns, eux, sont bien réels, et appliquent scrupuleusement le racisme institutionnel.
Le Ku Klux Klan a assassiné près de 4000 personnes aux USA, et blessé et terrorisé des dizaines de milliers d’autres, Noires ou combattant l’apartheid et le racisme. Pourtant, ce vendredi 9 janvier, la justice a relaxé les 9 parachutistes qui, en octobre dernier, avaient participé à une « soirée costumée » dans l’Aube. Cinq de ces personnes s’étaient déguisées en membres du Ku Klux Klan, et trois en personnes Noires, pendant qu’une neuvième personne filmait. Parmi eux, deux militaires des Sapeurs pompiers de Paris.
Les 9 racistes étaient jugés pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion. La peine demandée par le parquet était pourtant bien légère : une amende de 5000€, dont 4000€ avec sursis. L’apologie du terrorisme n’avait même pas été évoquée, alors qu’elle est brandie pour tout soutien à la Palestine. C’était une peine bien plus légère que ce que le parquet requiert habituellement contre des militant·es écologistes par exemple, pour qui les peines se chiffrent parfois en dizaines de milliers d’euros, voire en peines de prison ferme. Mais apparemment, défendre les conditions de vie sur terre est plus répréhensible que le racisme. « C’est la banalisation d’un racisme latent » avait tout de même plaidé la procureure.
La présidente a jugé que « si la scène représentée peut heurter, nous avons considéré…
Auteur: B

