Justice et violences sexuelles : la grande machine à classer sans suite

Depuis #MeToo, les pouvoirs publics encouragent régulièrement les victimes de violences sexuelles à porter plainte. Mais une fois la porte du commissariat franchie, que devient cette parole ? Derrière l’augmentation du nombre de plaintes se cache une autre réalité, beaucoup moins mise en avant : une majorité des affaires de violences sexuelles n’aboutit à aucune poursuite. Une situation brutalement mise en lumière par les révélations concernant le traitement des violences sexuelles sur mineurs. Décryptage

Des dossiers abandonnés, des procédures qui n’auraient jamais été transmises à la justice, et des enquêteurs insuffisamment formés : les dysfonctionnements sont tels que le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’en est ému auprès de son homologue de l’Intérieur. Mais cette indignation passe mal chez certains policiers. Car avant d’être garde des Sceaux, Gérald Darmanin a dirigé pendant quatre ans… le ministère de l’Intérieur.

Des policiers dénoncent « l’hypocrisie » de Darmanin sur les violences sexuelles

Le 10 août, Mediapart révèle la colère provoquée au sein de la police par un courrier de Gérald Darmanin adressé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le garde des Sceaux y pointe des dysfonctionnements structurels dans le traitement des enquêtes concernant des violences sexuelles sur mineurs. Problème : Gérald Darmanin a été ministre de l’Intérieur entre 2020 et 2024.

Des policiers interrogés par Mediapart dénoncent donc aujourd’hui son « hypocrisie » et parlent même de « trahison ». L’ironie de la situation est d’autant plus saisissante que Gérald Darmanin a lui-même été directement confronté à la question du traitement judiciaire des violences sexuelles. En 2017, Sophie Patterson-Spatz avait porté plainte contre lui pour viol, pour des faits remontant à 2009. Après plusieurs années de procédure, un non-lieu a été prononcé en 2022, avant d’être…

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Auteur: Mr Mondialisation