Le débat Harris versus Trump du 10 septembre dernier a été marqué par des attaques de part et d’autre. Alors que Trump pouvait se permettre de critiquer Harris et de remettre en question son intelligence et sa loyauté envers le pays, Harris ne pouvait pas aller aussi loin.
Pourquoi ?
En raison notamment des attentes genrées envers les femmes leaders et les femmes en poste de pouvoir plus largement. Cette campagne offre des visions distinctes des États-unis et de son futur. Elle est aussi l’occasion d’étudier les discours politiques et la manière dont les deux politiciens justifient leur candidature et tentent de rejoindre les électeurs et électrices étasuniens.
Cette campagne est également la seconde où une femme démocrate se présente contre un homme républicain. Rappelons en effet que Hillary Clinton avait affronté Donald Trump lors des élections présidentielles de 2016. Les médias accordent ainsi beaucoup d’attention à ce qui est encore une nouveauté : une femme candidate. Par ailleurs, si elle est élue, Kamala Harris sera non seulement la première femme présidente, mais aussi la première femme racisée à le devenir.
Dans la mesure où, du moins aux États-Unis, peu de femmes ont été élues à des postes aussi importants, et qu’il y a donc peu de modèles sur lesquels se fonder, une certaine confusion est susceptible de s’installer : les politiciennes peuvent s’interroger sur la bonne stratégie de campagne à adopter, tandis que les médias doivent revoir ou réévaluer leur manière de couvrir la politique. Les citoyens eux-mêmes peuvent se retrouver désorientés, puisqu’ils ne disposent pas nécessairement des critères nécessaires afin d’évaluer ces candidates.
Dans le cadre de mes travaux de recherche en communication politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, et à titre de co-chercheuse à la Chaire sur le leadership et la confiance politique, je m’intéresse…
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Auteur: Mireille Lalancette, Professor, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

