Cadeaux à l’aile droite, absence du principal mouvement indépendantiste, verrouillage des portes d’accès à l’indépendance… Les critiques de plusieurs experts et leaders politiques kanak pleuvent sur les accords chapeautés par le gouvernement sur l’avenir de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie. L’accord Élysée-Oudinot, signé le 19 janvier 2026, prévoit notamment que la pleine souveraineté ne soit pas automatique.
Pour le chercheur en droit de l’environnement Victor David, qui a vécu et travaillé pendant plus de vingt ans à Nouméa, ces accords constituent de nouveaux verrous sur le chemin d’accès à l’indépendance et pour l’émergence d’un droit de l’environnement kanak.
Reporterre — Le récent accord a été critiqué pour les freins qu’il pose au processus de décolonisation — pourtant consacré par les accords de Nouméa de 1998, et demandé par plusieurs résolutions onusiennes.
Victor David — Je ne peux qu’éprouver de la déception. J’ai vécu pendant plus de vingt ans à Nouméa, entre 1998 et 2020. Et j’ai moi aussi été porté par cet objectif de destin commun. J’ai l’impression que les portes de sortie de la France laissées ouvertes par les accords de Matignon et Nouméa, sans rendre l’indépendance inéluctable, sont aujourd’hui verrouillées…
Le mot « environnement » n’est pas mentionné une seule fois dans le texte des récents accords. En toile de fond, il y a la destruction de l’économie calédonienne. Le taux de chômage est écrasant, le système de santé local est mis à mal — les jeunes sont touchés de plein fouet. Le prisme qui prédomine pour répondre à cette crise est celui de la croissance économique. Tout autre projet de société, autour de la transition écologique, est passé au second plan.
Vous avez participé, à partir de 2014, à la rédaction d’un code de l’environnement pour la province des Îles Loyauté — un archipel composé de…
Auteur: Eva Samaddar

