Kananayé, la musique en partage

Décembre 2024, le New Morning, à Paris, accueille le quintet Kananayé, formation franco-burkinabée qui présente son premier album. Sur scène, Abdoulaye Traoré à la guitare, Boubacar Djiga aux percussions et au kundé (guitare à 3 cordes), Seydou « Kanazoé » Diabaté au balan (sorte de xylophone), Achille Nacoulma à la batterie, et Clotilde Rullaud à la voix et à la flûte – musicienne que nous avons déjà évoquée pour le duo inspiré qu’elle forme avec le pianiste Alexandre Saada : Madeleine et Salomon.


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Les titres s’enchaînent dans un savant mélange d’influences, de la musique traditionnelle burkinabée au jazz et au gospel, en passant par le blues. Les musiciens s’échangent des regards enthousiastes, pleins d’attention. Le public danse et crie, les textes se suivent, alliant français, dioula, moré et anglais, et les paroles de Clotilde Rullaud racontent son Burkina, celui qu’elle a observé lors de ses voyages et celui qu’elle a appris aux côtés de ses partenaires de scène. Au milieu du concert, le groupe interprète l’un de ses morceaux les plus attachants, « Belleville », apporté au répertoire par Abdoulaye Traoré.

« Il y a aussi un Belleville à Bobo-Dioulasso, la ville où est né ce groupe, explique Clotilde Rullaud, et, comme à Paris, c’est un quartier en mutation. Ce sont des quartiers transitionnels, entre deux mondes, originellement populaires mais qui deviennent plus résidentiels. Cette transition crée de la friction, du chaos, mais, comme toujours, de la friction naissent aussi de belles choses. » « C’est pas facile, mais ça va aller » : Kananayé en moré, ou comment chercher une richesse dans les situations les plus troubles ?

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Auteur: Pauline Guedj

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