Kiev et Gaza — Djamel LABIDI

À Kiev, on se promène dans les rues, on accueille les dirigeants de l’Occident, chefs d’État, ministres, diplomates, généraux, hommes d’affaires. On dit que les boîtes de nuits sont pleines, et on a même découvert, cet été, les images, d’une jeunesse faisant la fête dans des piscines. On ne se réfugie même plus dans le métro. On a fini par comprendre que les lieux officiels, les quartiers résidentiels, les zones de fréquentation, n’étaient pas attaqués. On prend le train, ou l’avion, pour voyager. Les églises, les monuments, les bâtiments historiques sont là, témoignant du passé slave orthodoxe commun de l’Ukraine et de la Russie. Il y a eu certes des destructions, mais rien à voir avec Gaza. Ici les russes, semble-t-il, ont été préoccupés de ne pas insulter l’avenir, de ne pas provoquer une haine éternelle. Ils auraient pu, probablement au début du conflit, causer de grands dommages à Kiev. Ils ne l’ont pas fait.

À Gaza il n’y a plus rien, sauf un peuple de résistants

À Gaza, il n’y a plus de mosquées, il n’y a plus d’écoles, il n’y a plus d’universités. A Gaza, il n’y a plus de rues où se promener, il n’y a plus d’immeubles, il n’y a plus de maisons. Ils ont été bombardés, systématiquement, sans pitié, froidement. Il n’y a pas de métro où se réfugier. Les habitants ont essayé innocemment de se réfugier dans les hôpitaux, ou les bâtiments des agences internationales, croyant que certaines règles humanitaires seraient au moins respectées, mais ils ont été bombardés là aussi. Ils ont alors essayé de se réfugier dans les ruines des bâtiments déjà bombardés, en espérant que la foudre ne tombe pas deux fois au même endroit. Mais rien n’y a fait. Ils sont alors parti au Sud comme l’exigeait Israël, mais Israël a bombardé aussi le Sud.A Gaza, il y a longtemps qu’il n’y a pas de lieu festif comme à Kiev. Y en a-t-il d’ailleurs jamais eu, depuis…

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Auteur: Djamel LABIDI