Les inondations d’avril 2025 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, n’étaient pas seulement dues à des pluies intenses. Elles révèlent surtout les conséquences d’une transformation rapide de l’utilisation des sols de la Capitale Kinshasa et ses environs. En l’absence d’infrastructures de drainage adaptées, la ville s’est muée en une agglomération tentaculaire particulièrement vulnérable aux inondations.
Les pluies locales combinées au ruissellement des pluies torrentielles provenant de la province voisine du Congo central ont rapidement débordé les petits affluents urbains de la ville. La rivière Ndjili et son affluent (Lukaya), qui traversent la ville, ont débordé et inondé les habitations qui bordent leurs rives.
Cela a entraîné la mort d’au moins 70 personnes, 150 blessés et le déplacement temporaire de plus de 21 000 personnes. Les inondations ont affecté le fonctionnement de 73 établissements de santé. L’accès à l’eau et les services de transport ont été interrompus dans une grande partie de la ville. Les déplacements ne pouvaient se faire qu’en pirogue ou à la nage, à travers des avenues inondées.
Les inondations sont devenues récurrentes en RDC. Le dernier trimestre de 2023 et le début de 2024 ont connu les inondations les plus dévastatrices dans ce pays et dans les pays voisins, par rapport à celles des années 1960.
Selon les Perspectives de l’urbanisation dans le monde (2025), les Nations unies affirme que l’une des principales raisons de cette aggravation est la croissance de Kinshasa. La ville est la plus densément peuplée de la RDC et la troisième plus grande agglomération urbaine d’Afrique, après Lagos au Nigeria et le Caire en Egypte.
La population de Kinshasa en 2025 est actuellement estimée à 17 778 500 habitants. En 1950, elle était de 201 905. Au cours de la seule année écoulée, la population de la ville a augmenté de 746 200 personnes, soit une…
Auteur: Gode Bola, Lecturer in Hydrology, University of Kinshasa

