Kleber Mendonça Filho : « Le sang est un motif très puissant au cinéma »



L’Agent secret / Kleber Mendonça Filho / 2 h 40.

Nous sommes en 1977, au temps de la junte militaire au pouvoir au Brésil. Un homme (Wagner Moura) revient chez lui, à Recife, après une longue absence, tandis que le carnaval bat son plein. On apprendra qu’il se fait appeler Marcelo, mais que son vrai nom est Armando, que sa femme est morte d’un cancer, qu’il vient reprendre son fils, élevé par son beau-père, projectionniste dans un cinéma de la ville, qu’il a un passé de chercheur à l’université, et qu’il a à ses trousses des tueurs payés pour l’éliminer. L’Agent secret concentre tous les genres : film d’action, politique, existentiel, onirique (ou cauchemardesque), sentimental…


Sur le même sujet : « L’Agent secret », de Kleber Mendonça Filho (Compétition)

Lors d’une deuxième vision, après celle qui nous avait déjà enthousiasmé lors du Festival de Cannes, où il a obtenu le Prix de la mise en scène – la Palme d’or eût été largement méritée –, L’Agent secret nous a paru encore plus fascinant.

Ses deux heures quarante, qui passent trop rapidement, entraînent le spectateur dans un récit à la fois fluide et complexe, où la maestria cinématographique de Kleber Mendonça Filho (Aquarius, Bacurau), jamais gratuite, noue des thématiques dont certaines sont récurrentes chez le cinéaste (la reconstitution de la mémoire) et souvent en résonance avec notre époque. C’est le plus grand film, à cette date, de Kleber Mendonça Filho, avec lequel nous ne voulions pas manquer d’échanger lors de son passage à Paris.

Pourquoi avoir choisi pour titre L’Agent secret puisque,…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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