Kosovo : les fractures communautaires inquiètent l’ONU

Après le conflit de 1998-1999, le Kosovo, à majorité albanaise, a proclamé unilatéralement son indépendance de la Serbie en 2008, reconnue depuis par plus d’une centaine de pays. Les relations entre Pristina et Belgrade restent marquées par une impasse diplomatique.

Au cours des six derniers mois, les tensions, notamment dans le nord du Kosovo où la population est majoritairement serbe, se sont accentuées autour de démolitions et d’expulsions, de restrictions à l’expression des communautés minoritaires et d’opérations policières visant des Serbes du Kosovo. L’intégration des juges et procureurs serbes reste également au point mort.

« Pris individuellement, certains de ces développements peuvent sembler administratifs ou localisés. Mais, considérés dans leur ensemble, ils renforcent le sentiment d’insécurité et de traitement inégal parmi les Serbes du Kosovo, érodent la confiance et affectent le caractère multiethnique du Kosovo », a averti le chef de la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK,) Peter N. Due.

Les procès pour crimes de guerre ravivent les tensions

Le jugement rendu le 16 septembre contre l’ancien président Hashim Thaçi et trois autres anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), reconnus coupables de crimes de guerre mais non de crimes contre l’humanité, a provoqué des manifestations à Pristina et ailleurs. Si la plupart sont restées pacifiques, certains rassemblements ont fait des blessés légers et causé des dégâts matériels.

Peter Due a salué le professionnalisme de la police dans la gestion des manifestations, tout en déplorant une coordination insuffisante avec l’ONU.

Il a également exprimé sa préoccupation après l’adoption, le 6 octobre, d’amendements limitant les pouvoirs des Chambres spécialisées du Kosovo et du Bureau du procureur spécialisé. « L’intégrité et l’indépendance du processus judiciaire doivent être respectées », a-t-il…

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Auteur: Nations Unies FR