« Kroak, kroak » : comment déchiffrer le langage des oiseaux nocturnes

Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.


La première fois que j’ai pris conscience de la migration nocturne, cela remonte à l’adolescence. C’était lors d’une des innombrables nuits à la belle entre amis ou en famille. Un chant de caille qui se déplaçait parmi les étoiles ! « Plus d’tabac, plus d’tabac », transcription que je tenais de mon grand-père. J’ai appris plus tard que la culture paysanne utilisait plus couramment « Paye tes dettes » pour transcrire le répétitif pit pidit du minuscule gallinacé. Chacun ses priorités. Par la suite, je dois admettre que les épopées des oiseaux au grand jour ont capté toute mon attention et éclipsé ce petit souvenir fondateur.

Mais depuis quelques années, grâce à l’engouement croissant de la communauté ornithologique, je suis de nouveau captivé par ces oiseaux voyageurs noctambules identifiables, des ovnis bien réels ! C’est que les espèces qui transitent sous les étoiles sont nombreuses : passereaux, limicoles, hérons, canards… Et ce, dès la fin de l’été, ce qui présente l’avantage d’offrir un confort météorologique pour les conditions d’écoute.

« Kroak, kroak »

Pour ma part, j’ai abandonné cette pratique au printemps pour une raison aussi simple que paradoxale : j’héberge au jardin un rossignol intarissable qui s’octroie le monopole acoustique de fin avril à début juin. Décibels au maximum, presque jamais de pause… Rédhibitoire.

Qui est-ce qui peut bien survoler la maison la nuit ? Question passionnante. Les premières écoutes répétées en août et septembre 2022 ont révélé des espèces certes attendues, mais dont le contact sonore et l’identification étaient à chaque fois source d’émerveillement. Ti-di-di : un chevalier guignette qui coupe la boucle de la rivière ? Un siip très aigu : le gobemouche gris ! Kroak, kroak — un de mes préférés : plusieurs bihoreaux gris…

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