L214 : vers un abandon progressif de l’élevage ?

En bientôt deux décennies, son nom est venu systématiquement s’associer aux vidéos d’élevage intensif. Brigitte Gothière, lanceuse d’alerte, a permis à des millions de français de découvrir les horreurs endurées par les animaux de rente, l’association L214 sort aujourd’hui Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France. Entretien.

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Depuis 2008, L214 poursuit sans relâche un travail d’alerte et d’enquête pour informer le grand public sur ce que l’industrie agroalimentaire souhaite absolument cacher. En parvenant à se rendre visible auprès de médias nationaux, l’association a définitivement mis les Français face à la vérité crue et épouvantable de ce qu’endurent, chaque jour, des millions d’animaux afin de remplir nos assiettes.

Dans Nourrir ou trahir : comment l’élevage intensif saigne la France, Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, cofondateurs de L214, expliquent comment l’État n’a pas tenu parole et a bafoué l’article du Code Rural qui porte le nom de l’association. En 1976, il y était écrit que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »

Naître et mourir sur des caillebotis, voilà le sort de trop nombreux porcelets… / © L214

Depuis, force est de constater que l’élevage intensif est devenu la norme, emportant avec lui toutes les promesses de bien-être animal. Parqués, enfermés, coincés, mutilés, écorchés, privés de soins, laissés à l’agonie, gazés, égorgés sans étourdissement, parfois écartelés vivants… Les animaux d’élevage vivent un enfer, de leur naissance jusqu’à leur mort. En parallèle, éleveurs et employés d’abattoirs subissent trop souvent un système rouleau-compresseur qui engendre violence et désespoir.

Pourtant, à défaut de mettre fin à l’élevage du jour au…

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Auteur: Marie Waclaw