La baisse des taux de fécondité à travers le monde ne doit pas alimenter des politiques natalistes

Au milieu de l’avalanche de décrets de l’administration Trump, l’un d’entre eux est particulièrement révélateur. Il s’agit d’un décret du ministère des Transports qui exige que l’on priorise le financement fédéral des autoroutes et des transports en commun pour les collectivités dont les taux de nuptialité et de natalité sont supérieurs à la moyenne nationale. Les régions où ces taux sont en baisse pourraient voir leur financement réduit.

Dans le cadre de mes travaux de recherche en santé internationale, je m’intéresse à la dynamique complexe entre les droits liés à la reproduction, la croissance démographique et la viabilité environnementale. Et ce nouveau décret m’inquiète.

La prise en compte des tendances démographiques est en effet fondamentale lorsqu’il s’agit de planifier les besoins d’un pays en matière d’infrastructures et de transports. Ce décret n’a toutefois rien à voir avec une planification intelligente des infrastructures. Il reflète plutôt le virage idéologique de l’administration Trump, qui intègre des politiques « natalistes » dans des secteurs beaucoup plus larges que ceux des droits reproductifs et des soins de santé.

Le natalisme est une idéologie politique qui cherche à augmenter les taux de natalité par des politiques encourageant les gens à avoir plus d’enfants. Il peut être motivé par des impératifs culturels, religieux, géopolitiques ou économiques.

Les politiques natalistes peuvent revêtir de nombreuses formes. Elles peuvent aller de mesures douces (comme la stigmatisation des personnes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants) à des mesures sévères (comme la restriction de l’accès à la contraception).

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Auteur: Céline Delacroix, Adjunct Professor and Senior Fellow, School of Health Sciences, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

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