Depuis 2016, le taux d’homicide est en baisse au Venezuela, l’un des pays les plus violents du monde. Alors que Donald Trump attribue cette diminution à la délocalisation des gangs vénézuéliens aux États-Unis, Nicolas Maduro, pour sa part, vante la reprise en main de ces gangs par son gouvernement, voire leur éradication. Cependant, cette baisse doit être analysée à la lumière de la relation instable qu’entretient le gouvernement Maduro avec des groupes armés sur lesquels il s’appuie pour renforcer son pouvoir autoritaire en contrepartie d’une relative clémence à leur égard.
Le 1er mars 2024, le corps de Ronald Ojeda, ancien officier de l’armée vénézuélienne, a été retrouvé au Chili, dans une valise enterrée sous un mètre de béton. Accusé par le Venezuela de comploter contre le gouvernement, il avait disparu neuf jours plus tôt, lorsque des hommes déguisés en policiers avaient fait irruption dans son appartement de Santiago, la capitale du Chili, et l’avaient emmené avec eux de force.
Après une année d’enquête, les autorités chiliennes ont accusé les membres du gang vénézuélien Tren de Aragua d’avoir perpétré l’assassinat sur ordre du président du pays, Nicolas Maduro.
Cette décision intervient alors que les relations entre le gouvernement de Maduro et les gangs criminels font l’objet d’une attention accrue, tant de la part des gouvernements des pays d’Amérique latine que des États-Unis.
Des médias et organisations conservatrices états-uniennes tels que la Heritage Foundation ont accusé Maduro d’envoyer des membres de gangs aux États-Unis pour déstabiliser le pays. Le président Donald Trump a même suggéré que Maduro avait réussi à réduire la criminalité en envoyant des membres de gangs vers les États-Unis : « La criminalité a baissé de 67 % au Venezuela parce qu’ils prennent leurs gangs et leurs criminels et les déposent très gentiment aux États-Unis »,…
Auteur: Rebecca Hanson, Assistant Professor of Latin American Studies, Sociology and Criminology, University of Florida

