La bataille de Rond Point

Généralement, le quartier « Rond Point » est un peu un non-lieu. Ce genre d’espace où on ne fait que passer. On s’y arrête un peu pour attendre le bus, le tram ou parce qu’on attend que notre repas soit préparé dans les boutiques alentours. Toujours animé, c’est un quartier multiculturel et populaire situé à un endroit névralgique du Havre. D’un côté on descend à la gare SNCF (par le Cours de la République), d’un autre on va vers le « centre-ville » (par les rues Joffre puis Coty, vers les quartiers plus riches et le centre administratif de la ville avec l’Hôtel de Ville), derrière on se dirige vers des quartiers plus populaires de la ville basse (comme Graville ou Soquence par la rue Aristide Briand) et d’un autre côté c’est le tunnel Jenner qui fait la jonction entre la ville basse et la ville haute (où se situent les quartiers les plus pauvres de la ville). Le « rond point » en lui-même n’existe plus mais le lieu rempli la même fonction : assurer le flux des travailleurs et des marchandises à travers la ville. Dans les luttes, ce quartier est rarement le centre de l’attention.

Ce 17 octobre, il s’est embrasé.

Le Cortège avait déjà commencé à affronter les keufs plus bas, au niveau de la gare. Contrairement à ce qu’on peut lire sur certains réseaux insoumis, des protagonistes en tête de manif avaient déjà commencé à provoquer les agents du parti de l’Ordre. Ceux-ci ont expédiés leurs sommations, rendues quasi-inaudibles par les cris du Cortège, avant de faire pleuvoir les galets de lacrymos. Rien de nouveau ni d’étonnant : c’est le maintien de l’ordre à la française.

Mais nous avions le nombre avec nous, et notre détermination a finalement fait reculer les camions bleus le long du Cours de la République, jusqu’à carrément disparaître quand nous sommes arrivés à Rond Point. Là, un grand feu a été allumé (les images ont tourné). La joie était présente sur…

La suite est à lire sur: trognon.info
Auteur: