Plusieurs semaines après la prise de poste de Michel Barnier comme Premier ministre, nous souhaitons revenir sur le processus médiatique qui a accompagné sa nomination (et sa légitimation). L’analyse s’appuie sur les données compilées par l’INA entre le 8 juillet et le 5 septembre sur 8 chaînes de télévision et 8 stations de radio. On y a observé la façon dont la question du casting – quel nom pour Matignon ? – a pris le pas sur celle, plus importante (et sans doute dérangeante), de la politique à mener après un scrutin où la coalition de gauche est arrivée en tête.
La mainmise du commentaire
Débutons par dresser un état des lieux à gros traits : en 60 jours, les médias étudiés ont consacré 410 heures d’antenne à rechercher et questionner l’identité du futur Premier ministre. Plus que ce chiffre global – duquel il est difficile de tirer trop de comparaisons et de conclusions en raison de la méthode utilisée (cf. annexe) – c’est la façon dont le sujet a été visibilisé qui mérite descriptions.
D’abord, la fréquence de médiatisation du sujet n’a pas vraiment eu la régularité d’une saga estivale sur TF1 ou France 2. Si l’on observe des pics d’attention en début et fin de période, on remarque une sorte de temps creux au cœur de l’été.
Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessus, le temps d’antenne consacré au sujet est conséquent jusqu’au moment où le NFP désigne Lucie Castets comme postulante officielle (23/07), ce qui coïncide également avec le début des JO (26/07). Puis, c’est comme si les médias étudiés avaient respecté la fameuse « trêve olympique et politique » souhaitée par Emmanuel Macron, en préférant la célébration à l’information. De fait, dès le lendemain des festivités (12/07), on aperçoit une reprise progressive des contenus relatifs à cette grande partie de « Qui est-ce ? » (France Inter, 17/07).
Sans prendre en compte…
La suite est à lire sur: www.acrimed.org
Auteur: Jérémie Moualek

