La BD comme issue de secours ?

On entre dans Les Marchés comme dans un conte. Ou dans une histoire de Franz Kafka. Le monde semble à la fois le nôtre et comme nimbé d’une lumière étrange, presque irréelle. Les évènements qui s’y produisent ont la banalité du quotidien mais donnent, dans le même temps, l’impression de cacher un mystère.

Le titre est révélateur de ce double sentiment, de ce double mouvement. Description clinique de la marchandisation totale de la vie entretenant le fonctionnement des grands ensembles économiques ; il s’agit, aussi, d’une divinité très particulière qui plie la réalité à ses lois cosmiques dont seuls quelques initiés prétendent saisir le sens. A la suite de Michaël, nous sommes plongés dans cet univers menaçant qui est celui du néo-féodalisme capitaliste dans lequel l’ordre social désigne une place précaire aux couches toujours plus nombreuses et plus pauvres de la population, qu’il leur faut accepter au risque de disparaître complètement. Dès le début du récit, le travail apparaît comme le signe absurde de cette fatalité où la survie se gagne en collant des feuilles aux arbres nus de l’hiver afin d’agrémenter le décor des puissants.

Dans cette autocratie, la masse se bat pour exercer les besognes les plus viles alors qu’une autorité invisible la domine comme par enchantement. Les forces historiques relèvent de l’ensorcellement, et personne ne détient la clé des structures qui maintiennent cette servitude organisée sinon, peut-être, un prophète aux airs de rastafari qui interpelle les passants au rythme de l’apocalypse annoncée. Le processus de révélation, ici, prendra le visage de Sonia. Nous la rencontrons alors qu’elle désobéit, à son corps défendant, au régime de l’auto-exploitation en étant incapable de sortir de son lit pour nourrir la machine productive de son énergie et de son temps. Pour une raison qui échappe à tous, à commencer par…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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