« La Belle et la Bête », trouble dans le genre

S’il fallait ne garder qu’une seule séquence de La Belle et la Bête – jeu cruel –, laquelle serait-ce ? En ce qui nous concerne, assurément celle de l’entrée dans le château de la Bête, où le père de Belle puis, plus tard, la Belle elle-même sont guidés dans la pénombre par des candélabres portés par des bras d’hommes sortant des murs. Les bougies s’allument sur leur passage. L’effet de sidération de ces images reste intact.

Le film est un univers de formes, un enchantement esthétique.

La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau en 1945, est avant tout un univers de formes, un enchantement esthétique qui passe par « une grande désinvolture vis-à-vis des règles du cinéma », comme l’a écrit le

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Auteur: Christophe Kantcheff