Dans le calendrier, certaines dates ressortent avec une force particulière. Pour les superstitieux, ce vendredi 13 juin en fait partie. C’est la seule fois cette année que le treizième jour du mois tombe un vendredi. Une bonne nouvelle pour les personnes souffrant de paraskevidékatriaphobie – la phobie du vendredi 13 –, mais pas pour celles associant cette date à la bonne fortune, qui vont peut-être tenter leur chance au loto.
Dans la population, ces superstitieux sont loin d’être marginaux : un peu plus d’un quart des Françaises et Français accorderait une importance particulière au chiffre 13, d’après un sondage mené en mai 2022 par l’Ifop pour le site d’astrologie Esteban Frédéric. Si accorder un pouvoir au vendredi 13 peut sembler irrationnel, cette croyance ne date pas d’hier, et trouve notamment son origine dans les Évangiles.
La superstition liée au 13 remonte à l’Antiquité. À l’époque, le douze, associé au nombre d’heures dans une journée, au nombre de dieux de l’Olympe, ou de signes du zodiaque, symbolisait la perfection. Le treize venait en quelque sorte briser cette harmonie.
Ce chiffre était même associé à un événement tragique dans la mythologie nordique. Selon la légende, Loki, le dieu de la malice, de la discorde et des illusions, se serait invité comme treizième convive à un banquet organisé par Odin, et aurait tué son fils Baldr.
13 convives au dernier repas du Christ
Il a fallu attendre la fin du Moyen Âge, « vers les XIIe et XIIIe siècles », pour que les craintes liées au chiffre 13 se mêlent à celles associées au vendredi, soulignait l’historien Philippe Martin, auteur de « Superstition » : histoire d’un mot. XVe-XXIe siècle (Fayard, 2024), dans les colonnes de La Vie en mai 2022.
Même si l’Église catholique a toujours nié cette croyance, elle tire vraisemblablement son origine de la Bible. Selon les Évangiles, treize personnes…
Auteur: Juliette Vienot de Vaublanc

