Alors que débute l’Oktoberfest, la tête de la bière, à Munich, retour sur la structuration du marché de la bière. Après une phase artisanale, le secteur a connu un mouvement de concentration au tournant du vingtième siècle… jusqu’au retour des bières artisanales depuis quelques décennies. Si le mouvement semble s’essouffler, les microbrasseries gardent des atouts à jouer.
La bière a connu, à partir du XVIIIe siècle, une industrialisation progressive, entraînant une concentration accrue du secteur au détriment des petites brasseries locales. À partir des années 1970, les microbrasseries (production de quelques centaines d’hectolitres) et brasseries artisanales (quelques milliers d’hectolitres) connaissent un retour en force, permettant au consommateur d’avoir accès à un éventail de produits plus varié que jamais. Comment l’industrie de la bière est-elle passée d’une production locale et artisanale à la domination par quelques acteurs globaux ? Et pourquoi assiste-t-on, depuis quelques décennies, à un renouveau de la production artisanale ? Celui-ci est-il durable ?
Rappelons que, durant l’essentiel de son histoire plurimillénaire, la bière est restée un produit de nature agricole, recherché comme source de nutriments – un « pain liquide » – et une alternative à l’eau, souvent impure. Pondéreuse et périssable, elle est essentiellement consommée localement, y compris au Moyen Âge, lorsque les moines en font une boisson incontournable en Europe. La situation évolue au tournant du premier millénaire, avec l’introduction progressive du houblon, une « révolution » décrite par Johan Swinnen et Devin Briski dans leur ouvrage Beeronomics, qui permet de mieux conserver la bière et donc d’étendre sa commercialisation bien au-delà de son lieu de production.
8 personnes noyées dans la bière
Le tournant de la production de masse est pris en Angleterre au XVIIIe siècle lorsque…
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Auteur: Jean-Guillaume Ditter, Professeur permanent, Burgundy School of Business

