La brutalisation de la vie sensible nous mène-t-elle au fascisme ?

On se rappelle du poème d’Arthur Rimbaud :

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue. »

Le poète nous donnait à voir ce que le sentiment de pleine présence pouvait créer. Cette impression de faire corps avec les éléments, d’être intimement relié à son environnement. « Un amour infini me montait dans l’âme », écrivait-il. Près de 150 ans sont passés. Avec la révolution industrielle, l’exode rural, la destruction des écosystèmes. L’expérience si délicate et si précieuse que nous contait Rimbaud semble nous avoir été volée. Nos liens au dehors se sont étiolés sous le coup des écrans et de la sédentarité. Que nous est-il arrivé ?

La vie sensible disparaît

C’est comme si une violence insidieuse s’était glissée dans notre quotidien. Comme si on nous avait privés de ce qui faisait le souffle de notre existence. Le chant des oiseaux, l’odeur des sous-bois, la douceur d’une brise légère… La vie sensible disparaît. Du béton à perte de vue, des pixels plein les yeux.

Dans son récent livre Contre la brutalisation de nos existences (Flammarion, 2026), l’auteur Paul Klotz pose un premier diagnostic de ce qui nous traverse, cette condition moderne qui nous fait vivre claquemuré à l’intérieur.

« Le dessèchement progressif de la réalité »

C’est un travail salutaire même s’il peut sembler un peu scolaire. Il était temps, dans tous les cas, de poser des mots sur notre dépossession et notre arrachement contemporain. Lui parle plutôt d’« enlèvement », d’« appauvrissement continu de nos expériences », de « dessèchement progressif de la réalité », de « dégradation de notre capacité à éprouver », voire d’« anesthésie de nos sensations quotidiennes ».

Son livre vient faire écho…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Gaspard d’Allens

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