Six milliards d’euros par an, dédiés — en principe — à la transition énergétique. Une somme plus qu’importante, grâce à laquelle la France est censée se diriger vers la neutralité carbone. Mais l’avenir et l’usage de cette manne vont désormais faire l’objet de gros débats interministériels.
Les « Certificats d’économie d’énergie » (CEE) sont une simili taxe payée par TotalEnergies, EDF et les entreprises du secteur de l’énergie pour financer la rénovation thermique des bâtiments et une multitude de programmes en faveur de la sobriété (développement du vélo et du covoiturage, fret ferroviaire et fluvial, formation à la sobriété numérique, etc.). Son pilotage vient d’être récupéré par Bercy, par l’entremise de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie.
Le gouvernement de Gabriel Attal avait initié ce mouvement en 2024, avant qu’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, ne le récupère, temporairement, de septembre à décembre. Elle restera « associée » au pilotage d’après les décrets d’attributions des ministres parus au Journal officiel le 8 janvier. Le bras de fer tourne néanmoins à l’avantage des ministères économiques.
L’enjeu est énorme. Bercy est réputé peu friand de ce mécanisme parafiscal qui coûte aux entreprises et se répercute sur les factures d’électricité, de gaz et à la pompe à essence. Mais avec une dotation de 6 milliards d’euros par an, les CEE sont « l’un des outils les plus importants de financement de la transition », dit Alexis Monteil-Gutel, directeur du Cler, une association engagée pour la transition énergétique.
« Leur premier réflexe est de dire “non” »
Les CEE doivent entrer au 1ᵉʳ janvier 2026 dans leur « sixième période » : celle de l’accélération de la politique de sobriété qui, selon la Stratégie nationale bas carbone, doit conduire la France…
Auteur: Erwan Manac’h

