La campagne électorale qui se déroule actuellement au Canada ressemble de plus en plus à un test pour les médias traditionnels, avec des enjeux complexes et des réalités qui évoluent très vite.
La surabondance des sondages, qui sont désormais quotidiens, de même que la présence accrue de désinformation et de contenus suspects changent notamment la donne.
L’omniprésence de l’opinion, tant sur les ondes des chaînes continues que dans les quotidiens, laisse perplexe. Quelle place reste-t-il pour l’information brute et l’analyse lorsque l’opinion et les commentaires partisans étendent leurs tentacules partout ?
Il s’agit de la première campagne électorale où l’on retrouve du contenu produit par l’intelligence artificielle générative, et ce dans un contexte d’ingérence étrangère présumée encore cette année.
Mais il y a de bonnes nouvelles également : certains médias ont pris le bâton de l’éducation civique aux médias et à l’information (EMI) afin de décrire les coulisses de l’info et d’expliquer la couverture terrain faite ce printemps. J’inclus ici La Presse, Radio-Canada et Noovo Info. En tant que professeur de journalisme, je salue cette démarche et cette transparence.
J’aime beaucoup également les nouveaux formats utilisés par les médias émergents comme RAD et The Rover, sans oublier la multiplication des infolettres électorales et des balados dans les médias.
La Presse canadienne/Frank Gunn
Une chose est claire cependant, la dépendance des médias à l’égard des sondages quotidiens me semble fort malsaine. C’est une béquille et cela influence indûment les électeurs. Il faudra avoir une réflexion là-dessus, en particulier dans les derniers jours des campagnes électorales. En a-t-on…
Auteur: Patrick White, professeur de journalisme, Université du Québec à Montréal (UQAM)

