Dans un texte à la fois clair, concis et incarné, Hannah Miro (et Brice Costa) restitue l’histoire des guerillas en Colombie afin d’exposer les linéaments de la « paix » depuis que les FARC ont déposé les armes. Nous est présentée la construction pragmatique et fragile de la Paix tant par le commerce d’alcools, de vêtements, d’artefacts produits par les victimes de la guerre asymétrique complexe où s’entre-tuent révolutionnaires marxistes-léninistes, paramilitaires d’extrême-droite, narcotrafiquants et forces armées étatiques, que par l’entretien de la mémoire, des fêtes, des repas en commun et la vie quotidienne même. C’est le sens empirique de « l’Accord de paix » et de ses signataires qui, par leur commune présence, ouvrent un possible dans la guerre.
La construction d’une paix colombienne depuis le bas
L’année prochaine, la Colombie célébrera les 10 ans de l’Accord final de paix. La situation actuelle dans le pays montre pourtant que la “paix totale” du président Petro est encore loin d’être une réalité : flambées de violences en janvier par et entre des groupes armées dans différentes régions du pays, assassinat d’un précandidat aux présidentielles, attaques meurtrières attribuées à une dissidence des FARC à Cali, qualification par le président des dissidences FARC de « terroristes ». Mais la paix reste un sujet et une préoccupation centrales pour beaucoup de Colombien.es. L’exemple développé ici, avec la Casa de la Paz à Bogota, montre que la paix est un objectif qui se construit depuis le bas et au jour-le-jour. Cette initiative cherche à garantir à la fois des espaces de débat apaisé et des conditions dignes pour victimes du conflit armé et ex-combattant.es.
L’histoire du concept de paix en Colombie
En Colombie, le concept de paix est compris d’une manière très précise, en raison du contexte spécifique de ce pays. La paix à laquelle on se réfère ici…
Auteur: dev

