« Un procès éminemment politique » : c’est ainsi que Vincent Aubry décrit l’audience qui se tiendra vendredi 28 janvier au tribunal correctionnel du Mans (Sarthe). Avec huit autres co-inculpés, l’activiste animaliste se voit reprocher une série de tags et dégradations dans des élevages en 2020, ainsi que la « libération » de sept agneaux à la veille de Pâques, en 2021. Tous sont aussi accusés d’« association de malfaiteurs », punie jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.
Plus de deux ans après sa création, la cellule de gendarmerie Déméter peut donc se vanter d’avoir obtenu des résultats. Elle avait été créée fin 2019 pour lutter contre les « atteintes au monde agricole ». Elle annonçait des mesures contre les vols de matériel dans les exploitations, de plus en plus fréquents. Mais aussi contre les actes « de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques », précisait le communiqué de presse. L’idée était de « recueillir des renseignements », notamment grâce à « des échanges d’information réguliers […] entre agriculteurs et forces de l’ordre ». Le tout était matérialisé par une convention signée entre la gendarmerie nationale et les deux syndicats agricoles majoritaires, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs. « Ce n’est pas un dispositif arrivé de nulle part, il a été créé sur demande expresse de notre part », avait d’ailleurs reconnu auprès de Reporterre Étienne Gangneron, vice-président de la FNSEA.
Un des tags reprochés par la justice aux militants antispécistes. © Collection particulière
Les activistes antispécistes étaient clairement visés. De nombreux acteurs de l’écologie et de l’agriculture paysanne et biologique s’étaient également sentis menacés : « Il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien », écrivaient-ils dans une tribune sur Reporterre.
Procès en cascade ?
Vincent Aubry a ainsi bien prévu de constater que la gendarmerie a sorti les grands moyens contre les actions de son collectif Animal1st. Le procès de vendredi est alimenté par un dossier de « près de 8 000 pages », étoffé grâce à des « moyens colossaux », assure le collectif dans un communiqué. « On est…
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Auteur: Marie Astier (Reporterre) Reporterre

