La prédiction est peut-être en train de se réaliser. Après plusieurs mois à ressasser le refus d’Emmanuel Macron de nommer Lucie Castets à Matignon, la gauche croit pouvoir toucher du bout des doigts son rêve : faire tomber le gouvernement de Michel Barnier, accéder au pouvoir et imposer une cohabitation au Président. Le plan ? Si l’exécutif tente de défendre coûte que coûte cette version d’un projet de loi de finances excluant les victoires de la gauche ou s’il utilise l’article 49.3 pour passer en force, la gauche unie déposerait une motion de censure.
Cette fois, les voix des quatre groupes de Nouveau Front populaire (NFP) seraient rejointes par celles du Rassemblement national (RN). En se disant prête à censurer l’exécutif à la sortie de son entretien avec le Premier ministre le 25 novembre, Marine Le Pen pourrait donc exaucer les vœux de l’alliance des gauches. Cela pourrait même arriver dès le 2 décembre, jour de la lecture des conclusions de la commission mixte paritaire du projet de loi de financement de la sécurité sociale où le gouvernement pourrait activer le 49.3. Ce qui pousserait la gauche à déposer une toute première censure concernant la séquence budgétaire.
Dans ce cas de figure, le NFP profiterait du zigzag stratégique de l’extrême droite – un jour meilleur allié du gouvernement, un autre premier parti d’opposition au Parlement – pour s’engouffrer dans la brèche. Aujourd’hui, certains avancent également que la difficulté de la situation dans laquelle se trouve Marine Le Pen, qui risque l’inéligibilité dans le procès des assistants parlementaires du FN-RN, peut jouer en faveur de la gauche.
Le RN n’est plus considéré comme le premier opposant
« Si Marine Le Pen veut se départir de cette image d’alliée du gouvernement, elle doit voter en faveur de la censure. Le risque de son inéligibilité et l’analyse des sondages…
Auteur: Lucas Sarafian

