Elles sont plus de 40 organisations à avoir pris la plume. Le 28 octobre, des ONG — parmi lesquelles Les Amis de la Terre France, la CGT, la Confédération paysanne, Greenpeace France… — ont interpellé Emmanuel Macron et plusieurs membres du gouvernement, dans une lettre ouverte. « Rien ne saurait justifier [le] brusque changement de position » de la France sur l’accord entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, dénoncent-elles.
En négociation depuis près de vingt-cinq ans, cet accord doit permettre à l’UE d’exporter plus de voitures, de machines, de vin et de spiritueux en Argentine, au Brésil, en Uruguay, au Paraguay et en Bolivie. En retour, il faciliterait l’entrée de produits comme la viande, le sucre, le riz, le miel et le soja sud-américains, au risque de fragiliser certaines filières agricoles européennes.
Alors que, en février, Emmanuel Macron qualifiait l’accord de « mauvais texte », il semble depuis avoir changé d’avis. Le 3 septembre, après la validation de l’accord par la Commission européenne, le gouvernement français — par la voix de son ministre chargé du Commerce extérieur de l’époque, Laurent Saint-Martin — a estimé que l’accord allait « dans le bon sens », notamment grâce à une « clause de sauvegarde renforcée concernant les produits agricoles ». Emmanuel Macron a réitéré, le 23 octobre, en déclarant que « tout [allait] dans le bon sens pour protéger les secteurs qui sont les plus exposés et aussi protéger les consommateurs européens ».
Faux, répliquent les organisations dans cette lettre ouverte. « Ce n’est pas la “clause de sauvegarde” mise en avant par la Commission européenne, et présente dans l’accord depuis 2019, qui saurait changer la donne : on ne règle pas des risques de déstabilisation structurelle de marchés agricoles par l’activation d’une mesure par définition temporaire et dont l’usage est…
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