Il n’est jamais inutile de rappeler les textes fondateurs. La modernité et la pertinence de la Charte des Nations Unies constituent la référence essentielle de la coopération internationale, celle fondée sur le multilatéralisme, il n’en est nul autre. C’est ce qu’exprime avec une grande clarté le chapitre 9 et les articles 55 et 56 de la Charte sur la Coopération économique et sociale internationale. Que disent-ils :
Article 55 : “En vue de créer les conditions de stabilité et de bien-être nécessaires pour assurer entre les nations des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, les Nations Unies favoriseront :
a. le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et des conditions de progrès et de développement dans l’ordre économique et social.
b. la solution des problèmes internationaux dans les domaines économique, social, de la santé publique et autres problèmes connexes, et la coopération internationale dans les domaines de la culture intellectuelle et de l’éducation.
c. le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.”
Article 56 : “Les Membres s’engagent, en vue d’atteindre les buts énoncés à l’Article 55, à agir, tant conjointement que séparément, en coopération avec l’Organisation.
Dans la continuité de la Charte des Nations Unies, l’adoption de la déclaration de Vienne en 1993 et son programme d’action sur les droits humains a en fait été surtout marqué par la décision très politique de créer un bureau du Haut Commissaire pour les droits de l’homme, l’OHCHR (Office of the High Commissioner for Human Rights). Cette décision fût inséparable de la réforme des Nations Unies engagée à cette époque sous la pression des Etats-Unis et de ses alliés occidentaux, des…
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Auteur: Jean-Pierre PAGE * Le grand soir

