La chute cosmocéane et le tibia d'Astérion

Entre l’amour sublimé, impossible ou refoulé et le sexe accompli, ces zones troubles du sentimentalisme sexolâtre et des émancipations sensibles où les identités se cristallisent et se dissolvent dans les labyrinthes de l’errance érotique. Le consentement désirant nous rend disponibles à des forces obscures et lumineuses qui nous dépassent. Nous sommes traversés et métamorphosés par ces forces qui nous soulèvent et nous destituent.

Comme le temps musical ne se réduit pas à la métrique, l’amour n’est pas quelque chose qu’on peut s’approprier, qu’on possède et qu’on donne, dont on cède des parts. Il n’y a pas d’amour qui nous permette de spéculer en le plaçant ici ou là.

Il n’y a pas d’amour capital. Pas de passion fixe enfermée dans le coffre-fort de la banque sentimentale. L’amour devient plutôt là où il n’était plus. Mouvement pendulaire de l’escarpolette ou danse ferroviaire du train bleu, il nous traverse en faisant de nous des possédés. On le transfère par la passe à deux battants de l’enfant de la double porte, comme un cercle vibrant de gratuité.

L’amour est labile. Il ne connaît pas de terme autre que celui des passions tristes vécues aux étages inférieurs des simulacres et de la simulation. Son énergie n’est pas possessive. Personne ne l’acquiert. On s’y abandonne dans la dépossession enrichissante des cercles vibratoires pré-individuels.

L’amour est une forme de vie séditieuse en acte. Dans l’ivresse de sa transe, on abandonne fermière, veaux, vaches, cochons et couvées. On se fait porter pâle aux prisons salariales et aux illusions domestiques. On sexode du désert de l’économie pour les cercles vibrants de gratuité.

Mais faute d’intelligence politique tactique et stratégique, la réaction contre-insurrectionnelle guette un jour.

En basculant du désir de l’Autre à la pulsion d’emprise, au besoin de reconnaissance, à la plainte victimaire, à la…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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