Le 7 juillet 2023 une annonce officielle secoue l’un des États membres fondateurs de l’Union européenne. Aux Pays-Bas, le gouvernement de Mark Rutte vient de chuter. Le premier ministre, qui était à la tête de son quatrième gouvernement de coalition, se trouvait au pouvoir depuis douze ans, si bien qu’il avait été surnommé « Téflon » par les commentateurs politiques (avec lui, les polémiques glissent sans laisser de taches). Pourtant, le débat de ce début d’été 2023 aura raison de son art du compromis.
Cette fois, Mark Rutte (VVD, parti libéral classé au centre droit) n’est pas parvenu à faire ce qu’il avait jusqu’alors toujours réussi : trouver un arrangement entre sa sensibilité et les autres partis membres de la coalition gouvernementale qu’il dirigeait (le D66, social-libéral, et les conservateurs chrétiens-démocrates du CDA et du CU) sur un sujet politique très clivant : « prendre des mesures pour limiter l’afflux de demandeurs d’asile ».
Les opinions des représentants de sa coalition se confrontaient sur la question – de fond davantage que d’actualité – du regroupement familial des immigrés et, plus spécifiquement, sur la question du quota d’enfants autorisés à rejoindre le pays pour y retrouver un parent (le quota mensuel de 200 enfants venait d’être dépassé). Constatant son incapacité à trouver un terrain d’entente entre ses ministres, Mark Rutte a décidé de présenter au roi Willem-Alexander la démission de son gouvernement.
Le recours au chef de l’État face à la chute d’un gouvernement
Le roi des Pays-Bas est en conséquence contraint de mettre fin à ses vacances en Grèce pour recevoir et conseiller son premier ministre. Comme dans presque tous les États européens, il faut en effet garder à l’esprit que le véritable chef du pouvoir exécutif est le premier ministre (souvent également appelé « ministre président » en néerlandais) et non le…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Pierrick Bruyas, PhD in Law, postdoctoral researcher ( Univ. of Strasbourg), guest researcher (Univ. of Aarhus, Denmark), Université de Strasbourg

