La Cisjordanie occupée, dans l’abîme

Ils ont d’abord encerclé et menacé les trois familles pour les pousser à quitter leur foyer. Mais ces familles ont refusé avec leur seul et unique moyen de résistance : rester chez elles. Alors ils leur ont coupé l’eau et l’électricité, se sont installés dans des tentes au pied de leurs habitations. En août dernier, plusieurs dizaines de colons israéliens ont organisé le blocus de trois maisons palestiniennes du village de Qusra, au nord de la Cisjordanie occupée. Un blocus de plusieurs semaines sous les yeux de soldats israéliens dépêchés sur place en renfort, mais surtout pour tenir la presse étrangère à distance.

Même les ambulances du Croissant-Rouge n’ont jamais pu s’approcher de ces maisons pour y délivrer des produits de première nécessité. Depuis Tel-Aviv, lors d’une très rare critique à l’égard des colons, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a condamné des « actes de violence criminels » et fustigé « une poignée d’émeutiers qui enfreignent la loi, causent un grand tort à la communauté juive respectueuse des lois, entravent l’action de l’armée dans l’accomplissement de ses missions et nuisent à la stature d’Israël dans le monde ».


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Mais, sur place, aucun des acteurs de ce blocus n’a été arrêté. Mi-août, ces colons, très jeunes pour la plupart, ont seulement été repoussés un peu plus loin par l’armée israélienne. Les occupant·es des maisons sont désormais contraints à des contrôles renforcés avant de regagner leurs domiciles. L’épisode de Qusra illustre parfaitement la redoutable stratégie d’occupation de ces colons les plus extrémistes : en semant la terreur, ils grignotent…

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Auteur: Céline Martelet