Suivant les régions, « aurone », « arquebuse » ou encore « citronnelle » sont les petits noms de Artemisia abrotanum, sous-arbrisseau aromatique. Cette plante un peu oubliée faisait partie de tous les jardins de curé. Remettons-la au goût du jour, car en cette période si particulière, elle est de toute beauté.
Ce que l’on remarque avant tout, c’est son feuillage foisonnant, très très finement découpé, entre gris-vert et argenté. Il est semi-persistant, voire persistant si les hivers sont doux. Comme cette artémise pousse vite, afin qu’elle reste bien touffue et ne se dégarnisse pas de la base, une bonne taille chaque année est nécessaire chaque année, en mars. Ainsi elle ne devient pas dégingandée. Elle mesure entre 60 cm à plus d’un mètre en tous sens.
Une odeur qui éloignerait les insectes
Parfois de petites fleurs discrètes, jaunes, apparaissent en fin d’été. Mais ce remarquable feuillage a un autre atout que sa joliesse : c’est son parfum, tellement complexe. J’aime faire le test avec mes visiteurs, en le froissant. Chacun y découvre une senteur bien particulière… et qui n’est jamais la même. Le citron et autres agrumes, le cola (j’ai même vu cette plante appelée « cola » sur des stands de pépiniéristes), le pin, la résine, le camphre… et l’absinthe, sa petite sœur, car elles sont de la même famille.
Il y a bien longtemps, ses tiges étaient placées dans les armoires, les lits : on les faisait sécher pour éloigner certains insectes qui détestent cette odeur. Il paraît même qu’elles servaient dans la confection de bougies anti-anophèles. Mais je n’ai pas trouvé de source fiable pour cet usage. Cela reste donc un « on-dit ». Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment, mais j’aime mettre un bouquet dans la chambre, pendant les nuits d’été, pour faire fuir les indésirables !
Par contre, ce qui est certain, et toujours…
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