Pour une certaine gauche mondaine, la réponse est non. Pour le Capital qui tremble, la réponse est oui.
Récemment, des figures de la gauche parlementaire ont théorisé l’idée que la classe ouvrière ne serait plus le sujet central de l’Histoire. À sa place, elles préfèrent le concept gazeux de « peuple ». D’un point de vue strictement électoraliste, ce constat cynique peut s’entendre. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : une partie des ouvriers vote RN (67% au second tour de la présidentielle 2022 selon l’IFOP, une dynamique confirmée aux législatives 2024 avec 57% dès le premier tour), l’autre se réfugie dans l’abstention qui atteint régulièrement 35% à 40% dans les cités ouvrières. Pour la social-démocratie qui ne voit le citoyen que comme un bulletin de vote, l’ouvrier n’est plus un « réservoir » fiable.
Mais pour nous, communistes, qui ne cherchons pas à gérer le système mais à le renverser, la classe ouvrière ne se mesure pas à l’aune des sondages, mais à l’aune du rapport de force. Elle n’est pas une clientèle électorale. Elle est le moteur du monde. Et quand le moteur s’arrête, tout s’arrête.
Retour aux fondamentaux : qu’est-ce que la classe ouvrière ?
Oubliez l’image d’Épinal du mineur de fond des années 50. La définition marxiste est plus précise et intemporelle : est ouvrier celui qui est exclu de la propriété des moyens de production et qui, par son travail, crée la richesse matérielle. Aujourd’hui, cette classe s’articule autour d’une trinité stratégique.
D’abord, ceux qui transforment : l’ouvrier d’usine, de l’agro-alimentaire, du BTP. Ensuite, ceux qui transportent : les forçats de la logistique, du rail, de la route. Enfin, ceux qui alimentent : les travailleurs de l’énergie, qu’elle soit nucléaire, électrique ou gazière, condition sine qua non de toute activité.
En France : mutation, pas disparition
On nous rabâche que la…
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