L’été vient tout juste de commencer et la France subit déjà sa deuxième vague de chaleur extrême. 58 départements ont été placés en vigilance rouge canicule le 24 juin. 90 % de la population française est exposée à des températures extrêmes depuis plusieurs jours. Du jamais-vu. Alors sur les chaînes de télé, c’est l’emballement : la climatisation s’invite à tout-va dans les débats. Pourtant, l’utiliser est contre-productif.
Ses conséquences environnementales sont connues : la clim’ émet des gaz à effet de serre et contribue aux phénomènes des îlots de chaleur urbains. Concrètement, c’est le serpent qui se mord la queue.
La clim’ et son prix creusent aussi les inégalités. D’autant plus pour les personnes les plus vulnérables. Alors, que faire ? La clim’, qui reste une fausse solution, « est un moyen d’évincer le réchauffement climatique du débat », explique la sociologue de l’université de Genève Marlyne Sahakian, qui travaille sur l’accès au confort thermique.
Reporterre — Les 50 °C devraient être régulièrement atteints en 2050. Aujourd’hui, avec 38,2 °C, la France a battu son record de température maximale moyenne, une chaleur déjà difficilement supportable. La climatisation est-elle réellement la solution miracle ?
Marlyne Sahakian — La climatisation n’est pas LA solution. Il faut que les périodes de fortes chaleurs soient prises en compte par les politiques, et que des décisions claires soient prises. Une utilisation parcimonieuse de la climatisation est possible, mais qu’en dernier recours.
Avant cela, de nombreuses pistes sont à explorer. Il faut d’abord adapter les bâtis. En France comme en Suisse, de nombreux logements qualifiés de bouilloires thermiques doivent être rénovés. Il est aussi nécessaire de créer des espaces extérieurs avec un accès à l’eau et de l’ombre. Il faut également repenser nos heures de travail, pour les…
Auteur: Louise Mohammedi

