On sait de longue date tout ce que la justice en tant qu’institution charrie de biais, d’illusions, de mensonges, de peines et plus généralement de défense de l’existant. Ce que l’on sait beaucoup moins, c’est comment s’y prendre autrement, c’est-à-dire par d’autres voies et gestes que ceux du pouvoir. C’est ce que propose d’explorer le collectif GARE avec La colère nous appartient qui vient de paraître aux éditions Trou Noir.
Des personnes très diverses, entre néo-rural.es et chasseurs, tiennent un bar associatif à la campagne. Un membre fondateur du groupe, alcoolique et cabossé par la vie devient violent et met des mains au cul lorsqu’il boit trop. Suite à une altercation qui va trop loin, il faut faire quelque chose. C’est pourtant son seul espace de sociabilité, l’exclusion serait complexe, personne ne veut qu’il consomme seul chez lui. Mais si rien n’est fait, alors des personnes sexisé.es ne viendront plus et les agressions sexistes continueront. Comment accompagner chacun.e en prenant compte des différences de classe, de rapports à l’addiction, la volonté de ne pas tolérer des comportements agressifs dans un bar qui veut être inclusif pour les personnes sexisé.es tout en conservant la mixité sociale qui le fonde ? Qu’est-ce qui prime ?
Il n’y a pas une bonne réponse. Il y a des processus d’accompagnements, des rapports de force, des discussions, des ultimatums, des nécessités de transformation de toutes parts et pas de recette miracle.
Voilà un témoignage parmi d’autres du livre La colère nous appartient écrit par le collectif GARE et sorti aux éditions Trou noir en mai 2026. Ce recueil de récits de justice extra-pénale (justice transformatrice, médiation, vengeance) est entrecoupé d’encarts explicatifs notamment sur la justice transformatrice, la médiation, sur la position de tiers, la qualification des faits ou le statut de victime. La manière de faire récit…
Auteur: dev

